Concert Flavia Coelho à Ramonville saint Agne le 21 mars 2021

Zoom sur l'artiste

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« Je ne me suis jamais sentie aussi bien dans la vie », annonce-t-elle avec son irrésistible sourire. Flavia Coelho vit son plus bel âge, tant personnel qu'artistique. En témoigne son quatrième album, DNA. Un titre aussi court qu'il veut en dire long.

Tout vient des racines, Flavia le sait. Elle est née au Brésil, de parents immigrés du Nordeste. Lui est noir, elle est blanche. Ils se séparent, elle reste avec sa mère, maquilleuse et coiffeuse. Fan de Nina Hagen et de pop américaine, elle travaille en cabaret et y emmène souvent sa fille. La petite Flavia passe ses nuits dans des boudoirs, près des feux des projecteurs, entourée de personnalités extravagantes. Alors qu'elle n'a que 11 ans, sa mère décède prématurément. Flavia part vivre alors à Rio de Janeiro, chez son père. Lui aussi adore la musique mais ne souhaite pas que sa fille chante. Elle le fera quand même – Flavia sait déjà ce qu'elle veut et possède un caractère trempé dans l'acier.

A 14 ans, elle passe un casting en cachette, pour rejoindre un groupe de samba traditionnelle. Banco, elle est retenue. Les années suivantes, elle les passe dans plusieurs formations, écumant les bals et scènes brésiliennes. Le temps file quand on travaille beaucoup, même si on est parfois seulement payée de pop corn et de soda... Au début des années 2000, Flavia séjourne en France avec un groupe de carnaval brésilien. Le coup de foudre pour la ville, centre culturel par excellence, est immédiat. Une fois rentrée, la jeune femme ne pense qu'à ça, tous les jours. En 2006, elle n'y tient plus et s'envole pour Paris, avec sac à dos et 200 euros en poche.

Son premier album, Bossa Muffin (2011), remporte un succès tant critique que public. On aime son audace en studio comme sur scène, son inlassable énergie : « Mon diplôme, ça a été ce disque. On a compris ma sincérité... Je ne suis pas une diva : ma voix, je la mets avant tout au service de la musique », commente Flavia, qui se souvient de ses rêves d'alors : « Grandir, sortir de la société patriarcale brésilienne, savoir dire non. Connaître ce que je possédais. » Mission accomplie. Les deux albums suivants, Mundo Meu (2014, avec notamment l'intervention du légendaire batteur Tony Allen) et Sonho Real (2016) reçoivent le même accueil chaleureux. Flavia aime également tisser des liens avec d'autres artistes. Parmi les plus récents, Gael Faye, qui l'a invitée sur « Ballade brésilienne » en 2018. Flavia remplit un Olympia, tourne partout, de l'Afrique au Canada en passant par l'Europe. A chaque tournée, cette Carioca dans l'âme ramène avec elle des sons, des couleurs, des envies différentes.

Face aux méandres de l'actualité politique brésilienne, la parole de la plus française des chanteuses brésiliennes s'est libérée. Et toujours en portugais, sa langue maternelle. De plus en plus recherchée lorsqu'on sait, rappelle malicieusement Flavia, que Madonna l'emploie sur son dernier disque en date ! Un nouveau chapitre s'ouvre avec DNA. En témoigne aussi la photographie de sa pochette shootée par Youri Lenquette, connu pour avoir tiré le portrait de Kurt Cobain peu avant sa mort. Elle montre une chanteuse souriante, naturelle, soustraite aux retouches, une femme qui se ressemble plus que jamais, tout en parlant à tous. Viva Flavia !